Si la valeur de la production agricole et sa contribution au PIB sont en nette hausse, la FNSEA craint qu’il s’agisse d’un «rattrapage en trompe-l’oeil» des années précédentes.

Faut-il y voir la lumière au bout du tunnel? En 2017, la contribution de l’agriculture au PIB français est remontée de 8,2 % du fait des volumes produits, après une chute de 9 % en 2016, selon une étude de l’Insee. Sur la même période, la valeur de la production agricole se redresse également (+3,2%) grâce à une forte remontée des volumes, sans compenser toutefois la chute de 2016 (-6,4 %). En outre, les charges des agriculteurs se réduisent pour la quatrième année consécutive.

Pour la FNSEA, le principal syndicat agricole, il s’agit d’un «rattrapage en trompe-l’œil, qui ne compense même pas les pertes de 2016». «Même si globalement les prix des productions animales se redressent et que la météo a été plus clémente pour les productions végétales en 2017, la situation est toujours critique pour beaucoup d’agriculteurs après plusieurs années de crises économiques, climatiques et diplomatiques», déplore l’organisme.

Pression à la baisse sur les prix

La FNSEA s’alarme que, depuis 2000, le résultat brut de la branche agricole n’ait cessé de se dégrader. «Alors que les trésoreries sont exsangues, comment rassurer les agriculteurs et les encourager à construire et investir pour répondre aux attentes des consommateurs et des citoyens, si cette destruction permanente de valeur n’est pas inversée?» s’interroge la FNSEA. Le syndicat craint que l’ouverture de nouveaux contingents (CETA, Mercosur, Mexique…) et la mise en concurrence avec des pays ne pratiquant pas la même agriculture n’accentue la pression à la baisse sur les prix.

La contre-performance à l’exportation de l’agriculture française s’explique essentiellement selon l’Insee par la nouvelle chute des ventes de céréales (-0,7 milliard d’euros, soit -11,8 %). La mauvaise récolte 2016 a, en effet, pesé sur les ventes du premier semestre. L’avenir du secteur est en danger, martèle la FNSEA, qui estime que «les savoir-faire des agriculteurs, leurs engagements dans des démarches de progrès, le haut niveau d’exigences en matière de sécurité sanitaire… méritent une rétribution à la hauteur des efforts réalisés».

Source – Le Figaro